La nicotine et les idées préconcues - Partie 1

Publié le par Cigarette électronique

 

 

 

 

 

 

Idée reçue : La nicotine donne le cancer

 

 

 

 

La    nicotine    n'est     pas    cancérigène (cause  de  cancer)  par  elle-même.  La nicotine   n’est       pas              une            substance dangereuse du tabac fumé mais l’agent responsable     de         l’installation         et                 du maintien de la dépendance. Le danger du  tabac fumé vient des plus de 4000 composés                               chimiques                 (CO,

carcinogènes, gaz irritants, métaux lourds…) qui accompagnent la nicotine dans la fumée de tabac.

 

 

Ce  sont  d’autres  constituants  de  la  fumée  de  tabac ;  les  goudrons,  qui  sont responsables des cancers. Des études in vitro (tubes à essai) semblent indiquer que des  produits  de   dégradation   de  la  nicotine  puissent  être  transformés  dans l'organisme en cancérigène  (nitrosamines) dans certaines conditions (Benowitz  et al., 1994; Hecht  et al., 2000; Carmella  et  al., 1997). Cependant, ceci n’a pas été démontré chez l’homme, et les quantités de ces  carcinogènes sont probablement très faibles. En tout état de cause, les risques en cas  d'utilisation de substituts nicotiniques  au  cours  d'un  sevrage  sont  insignifiants  en  comparaison  avec  les

risques associés au tabagisme passé.

 

Jacques Le Houezec

Neuro - Pharmacologue, conseil en Santé publique

 

Référence :

1.     Benowitz NL, Jacob P, Fong I, and Gupta S. Nicotine metabolic profile in man: comparison of cigarette smoking and transdermal nicotine. J Pharmacol Exp Ther 1994; 268: 296-303.

2.     Hecht SS, Hochlater JB, Villalta PW et al. 2'-Hydroxylation of nicotine by cytochrome P450 2A6 and human liver microsomes: formation of a lung carcinogen precursor. PNAS2000; 97: 12493-12497.

3.     Carmella S, Borukhova A, Desai D, and Hecht SS. Evidence for endogenous formation of tobacco-specific nitrosamines in rats treated with tobacco alkaloids and sodium nitrite. Carcinogenesis 1997; 18: 587-592.


 

 

 

 

 

 

Idée reçue : La nicotine est un poison

 

 

 

 

 

 

 

En  théorie,  oui.  La    nicotine  était  utilisée autrefois comme insecticide et à fortes doses elle peut  être toxique. Cependant, aux doses que  s’administre  un  fumeur,  la  nicotine  n’a quasiment  pas d’effets  délétères. Les  effets de  la  nicotine  thérapeutique   sont  en  plus considérablement amoindris car elle  pénètre

l’organisme de façon plus lente.

 

 

 

La  nicotine  de  substitution est  avant tout un  médicament,  et  les  concentrations sanguines  (nicotinémies) obtenues sont souvent plus faibles que celles observées pendant le comportement  tabagique. La vitesse d’absorption de la nicotine étant beaucoup plus faible avec les traitements  nicotiniques de substitution qu’avec la fumée  de  tabac,  les  effets  de la nicotine de  substitution  sont  considérablement moindres (Le Houezec 2004). De plus, la totalité des contre-indications existantes à l’origine de la mise sur le marché des traitements par substituts nicotiniques, a été supprimée. Les substituts nicotiniques peuvent être utilisés sans danger chez la femme enceinte ou le patient coronarien, ce qui est une preuve de leur innocuité.

 

 

 

Jacques Le Houezec

Neuro - Pharmacologue, conseil en Santé publique

 

 

 

Référence : Le Houezec J. Pourquoi la dépendance à la cigarette est si forte et si difficile à combattre ? Rev Prat, 2004 ; 54 : 1886-1887.


 

 

 

 

Idée reçue : La nicotine des substituts nicotiniques est aussi mauvaise que celle des cigarettes

 

 

 

 

 

La nicotine en elle-même est identique, qu’elle soit dans  le tabac ou dans les substituts. Mais ses effets sur  l’organisme sont plus importants lorsqu’elle est absorbée avec la fumée de tabac. De plus avec la substitution il  n’y a que de la nicotine, pas les toxiques que l’on retrouve dans le tabac ou sa fumée, qui sont responsables des

maladies.

 

 

 

 

 

Fumer est un mode unique d’administration de la nicotine, car celle-ci est absorbée très  rapidement  par la  voie pulmonaire  et atteint le  cerveau en  une  dizaine  de secondes. Ce qui lui  confère un fort pouvoir addictif, et des effets, en particulier cardiovasculaires,  plus intenses  (d’autant  qu’ils  sont  renforcés  par  les  effets  du monoxyde de carbone ou CO, qui prend la place de l’oxygène dans le sang).

 

 

Au  contraire,  la  nicotine  des  substituts  nicotiniques  passe  lentement  dans  la circulation  sanguine, soit par voie transdermique (patchs nicotiniques), soit par la muqueuse buccale (formes  orales de substituts nicotiniques : gommes à mâcher, comprimés, inhaleur), à doses contrôlées, sans aucun pic de concentration cérébrale (Le Houezec 2004). De plus, elle n’est accompagnée d’aucun autre produit toxique.

 

 

 

Jacques Le Houezec

Neuro - Pharmacologue, conseil en Santé publique

 

Référence :

Le Houezec J. Pourquoi la dépendance à la cigarette est si forte et si difficile à combattre ? Rev Prat,

2004 ; 54 : 1886-1887.


 

 

 

Idée reçue : Les substituts nicotiniques rendent dépendant

 

 

 

 

Tout d’abord il faut tordre le cou à ce mythe, on ne devient pas dépendant des substituts nicotiniques. Si l’on est fumeur, et que l’on a  du  mal à arrêter sans aide, c’est que l’on est dépendant  de  la  nicotine.  Le  fait  d’utiliser  des  substituts nicotiniques plus longtemps montre simplement que l’on n’a pas          vaincu   totalement    cette   dépendance.   On    est   donc

dépendant à la nicotine, pas aux substituts nicotiniques.

 

 

 

L’utilisation à long terme des substituts nicotiniques actuellement disponibles, est nulle (patch)  ou très faible (<10% des utilisateurs de formes orales) (West et al.,

2000).  Même  si  une  utilisation  à  long  terme  des  substituts  se  maintient,  il  est probable qu'on obtienne un bénéfice global pour la santé, si l'individu ne fume plus. De plus, c’est plus souvent la bonne observance des traitements qui est le problème, plutôt que l’utilisation à long terme (70-80%  des sujets des études ont arrêté leur traitement avant la fin de la durée recommandée). La durée  d’utilisation moyenne des substituts nicotiniques est de 14 jours en France, alors qu’il est recommandé un traitement d’au moins 3 mois.

Si les substituts nicotiniques rendaient dépendants, on observerait une utilisation détournée (des étudiants l’utilisant pour ses propriétés stimulantes par exemple), ce qui n’est pas le cas.  L'incidence d'usage abusif ou détourné est nulle, malgré la facilité d’obtenir ces médicaments sans ordonnance (Hughes 1998).

 

 

 

Jacques Le Houezec

Neuro - Pharmacologue, conseil en Santé publique

 

Références :

1- West R, Hajek P, Foulds J et al. A comparison of the abuse liability and dependence potential of nicotine patch, gum, spray and inhaler. Psychopharmacology 2000; 149: 198-202.

 

2- Hughes JR. Dependence on and abuse of nicotine replacement medications: an update. In Nicotine Safety and Toxicity, 1998; pp.147-157. Edited by Benowitz NL. New York (NY): Oxford University Press.

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